Qu'est-ce que l'hypoglycémie et la fringale ?
J'ai un petit creux !
Eh oui, ça arrive à tout le monde de ressentir le tiraillement d'une petite faim entre les repas !
Qu'en est-il exactement, qu'est-ce que cela traduit dans l'organisme, y a-t-il des inconvénients et quelles sont les solutions ?
Pour commencer, un peu de vocabulaire :
Normalement, la faim et l'appétit sont bien régulés. Après un repas normalement équilibré et bien composé, l'organisme ne ressent pas cette curieuse sensation durant plusieurs heures jusqu'au repas suivant. Si elle apparaît trop tôt, nous pouvons alors parler de "fringale".
L'hypoglycémie :
est un mécanisme physiologique qui correspond à la baisse de la quantité de sucre circulant. Normalement, ce phénomène est très bien contrôlé et n'apparaît pas. Par contre, il peut se manifester lorsque l'on prend un petit déjeuner trop sucré.
En effet, ce dernier s'il est composé de glucides simples autrefois appelé “sucres rapides" tels que des barres chocolatées, des céréales très sucrées, de la confiture, des carrés de sucre blanc dans le bol de chocolat... Cela va élever rapidement le taux de sucre dans l'organisme. Celui-ci va alors immédiatement réagir en libérant de l'insuline, l'antidote du sucre. Mais cette élévation brutale de l'insuline peut aller au-delà des effets escomptés et entraîner dans les heures qui suivent une chute de la glycémie : c'est l'hypoglycémie. Elle se manifeste par des sueurs, de l'irritabilité, de l'agressivité, une incapacité à se concentrer lors d’une réunion, une agitation, des trous de mémoire au travail... Mais également de la fatigue, des bâillements : le cerveau a besoin de glucose et lorsqu'il en manque il fonctionne au ralenti.
On peut trouver dans ces hypoglycémies des explications à certains comportements agressifs mais également des baisses des performances intellectuelles notamment en fin de matinée.
La fringale :
C'est l'un des signes qui apparaît dans l'hypoglycémie. L'organisme comprend inconsciemment qu'il manque de sucre et il se jette alors sur des aliments sucrés pour "remonter son taux".
L'inconvénient :
C'est le cycle du sucré ! Je mange sucré le matin, puis dans la matinée mes performances baissent, c’est la fringale alors je remange du sucre (c'est l'argument marketing et publicitaire qui était à la base de la fameuse barre chocolatée pleine de sucre et de graisses "un coup de barre, Mars et ça repart !".
La solution :
Un petit déjeuner bien équilibré, pas trop sucré et riche en protéines et glucides complexes (anciennement appelés "sucres lents"), l’opposé des glucides simples ou sucres.
Faire attention aux céréales modernes qui sont bien souvent trompeuses. Elles ont le même nom qu'un groupe alimentaire indispensable à notre santé, les céréales, mais ce sont très souvent des aliments dans lesquels on rajoute beaucoup de sucre. Ainsi, ce type de céréales modernes favorisent tout à fait l'hypoglycémie et la fringale. Il faut leur préférer des céréales complètes plus riches en fibres, comme du pain complet ou semi complet, du muesli, des flocons d’avoine,…des fruits frais ou pur jus et non pas des jus de fruits avec du sucre rajouté.
Le snacking :
Il s'agit non pas des réactions physiologiques mais d'un problème de comportement qui apparaît depuis quelques années surfant sur la mode anglo-saxone. Le snacking correspond à une perte des repères et des cadres dans l'organisation des repas.
On mange tout, n'importe quand, à n'importe quelle occasion, et n'importe où !
Comme l'offre alimentaire s'oriente vers des produits gras et sucrés un peu partout (distributeur de barres sucrées, de boissons sucrées, de sodas, de chips, de gâteaux apéros) sur les quais de gare, de RER, au cinéma, et même dans les écoles ! Les comportements ont été fortement orientés dans le sens de "manger de tout, n'importe où, n'importe quand".
L'inconvénient :
Il est clair que ce comportement alimentaire est l'un des facteurs de risque majeurs du surpoids, de l'obésité et même d’autres maladies comme les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2…
La solution :
Se réapproprier un choix, retrouver des rythmes, des cadres, on mange le matin, on mange à 12:00, on peut prendre un goûter, et on mange le soir si possible un vrai repas structuré et en famille.
On ne mange pas quand on a envie, quand la télévision nous le dit, quand un copain ou un collègue nous propose un gâteau. On mange lorsque le moment est venu, lorsque le corps appelle, lorsque les horloges biologiques nous disent "à table !".
Alors en pratique, que faire lorsque vous pensez: "j'ai une fringale" ?
Premièrement, réfléchir :
Réfléchir à la cause des fringales, de façon à ne pas recommencer toujours les mêmes erreurs et à apprendre à partir des messages, des signaux que notre corps nous envoie.
Se demander pourquoi on mange à ce moment-ci en dehors d’un repas. Est ce que je mange car j'ai vraiment faim ? ou parce que je m'ennuie, je suis triste, je me sens seul(e), je suis stressé(e)…
Parfois les solutions ne sont pas d'ordre alimentaire...
Deuxièmement : Grignoter malin !
En effet, lorsque la fringale est là, il faut la satisfaire. Le danger serait de se précipiter sur des aliments riches en sucres et pleins de gras.
Par contre, on peut grignoter malin en s'orientant vers des barres céréalières riches en fibres et pauvres en sucres, en croquant une pomme ou d'autres fruits dont le pouvoir de satiété est très important, en mangeant des fruits secs comme des noix, des amandes, des noisettes... On peut également boire un grand verre d'eau lorsqu'il s'agit moins d'une hypoglycémie que d'une envie de boire ou de manger.



